Alain Belle est né en 1955 à
Chambéry.
Jusqu’à 11 ans, c’est dans la maison de
ses grand-parents maternels, immigrés italiens
d’avant-guerre, qu’il grandit dans une ambiance
animée dont il garde peu de souvenirs.
Puis c’est
l’adolescence, entre les camions de l’entreprise
familiale et la lecture : tout ce qui se lit, de Zembla ou
Blek le Roc à Dumas, Sagan, De Gaulle, Le Monde, Spirou, Le
Dauphiné Libéré, Le Chasseur
Français, l’Encyclopédie... de
préférence dans les toilettes, à table
ou sous les draps avec sa lampe de poche. Il veut être pilote
de chasse. Pas compatible avec les ambitions paternelles. Direction
l’atelier, ensuite les bureaux, immédiatement
après l’Armée (de l’Air)
où il occupe son temps aux commandes
d’un… autobus.
Son mariage lui fait connaître d’autres horizons,
rencontrer d’autres gens et lui donne la
possibilité de comprendre que la vie n’est
peut-être pas uniquement de bosser 60 heures par semaine.
Mais son âme n’est pas suffisamment rebelle pour
lui donner le courage de prendre la poudre d’escampette et
d’aller mener sa propre existence ailleurs.
Jusqu’à ce jour de
novembre 1981 où il rencontre Florence, celle qui va lui
faire sauter le pas. Et de quelle façon ! Trois
semaines après, il est en garde à vue. Il en sort
rapidement, elle reste un mois et demi en prison et devient sa raison
de vivre : il lui écrit tous les jours, lui envoie
de l’argent, lui paie un avocat, tout en faisant des projets
pour le jour où ils se retrouveront.