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L’irrésistible
envie d’écrire UN SALE GOÛT DANS LES
VEINES m’est venue en 1988, lors d’un
énième séjour en prison, à
Amsterdam.
Ce « séjour »
forcé m’avait permis de me passer de la drogue, et
c’est avec des yeux tout neufs et une rage de vivre toute
nouvelle que j’ai continué
d’écrire une fois
« dehors ».
J’ai passé toutes mes matinées devant
une vieille machine à écrire Remington
achetée dans une brocante, pour ne pas oublier tous les
moments de folie, de douleur mais aussi d’amour qui avaient
fait le quotidien de ces dernières années. "Un
sale goût dans les veines", 400 pages disponible fin
novembre.
Extrait
« le dealer »
Envolée la grande forme qui te fait sauter au plafond dix
secondes après avoir retiré l'aiguille de la
veine. Et ça fait mal de ne pas avoir la force de poser un
pied devant l'autre, on se réveille la vessie pleine de
toute la flotte bue la veille, on attend une heure, on se rendort un
moment pour s'éveiller de nouveau une demi-heure plus tard,
mais on n'a pas envie d'ouvrir les yeux, faire durer le plus longtemps
possible, tu sais que ça va être terrible rien que
pour repousser la couverture, le froid, même si la
pièce est surchauffée,
Un sale goût dans les
veines.
et
puis la sensation d'avoir une gueule infernale, de ne ressembler
à rien, de n'être rien, alors vient la
déprime, surtout ne pas s'affoler sinon tu vas arracher les
lattes du parquet jusqu'à la dernière pour tenter
de trouver un paquet de came, ne pas essayer de s'imaginer l'effet
qu'un shoot produirait à ce moment précis, folie
garantie, là il faut trouver de la came à tout
prix, le fric pour la came, tu commences à pleurer, tu
demandes, puis tu supplies « s'il te plaît, juste
une petite dose, pour faire passer le mal », le dealer est
arrivé, c'est un copain, il va te faire crédit,
t'es un bon client, non « pas de fric, pas de came
», les amis c'est quand t'as la monnaie, merde il va repartir
« prends mon blouson en cuir, il est neuf »,